Amplificateur à tube 300B Single-Ended

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L'écoute d'un amplificateur équipé d'un tube triode 300B dans une configuration dite "Single-End" sur mon système de haut-parleurs a été une grosse révélation car l'image sonore produite est beaucoup plus chaleureuse que celle fournie par de classiques amplificateurs à transistors dont l'écoute s'avère plus analytique mais froide et décharnée.

Le dernier amplificateur que j'ai construis il y a plus de 20 ans est un Kanéda 50W en Classe A. Le temps est donc venu d'essayer autre chose.
Un ampli à tubes ? Pourquoi pas. Mais voilà, tout est à apprendre ou à réapprendre car si mes premiers cours d'électronique parlaient bien des tubes, leurs souvenirs sont bien loin. Je reprends donc le sujet à la base pour comprendre les paramètres qui doivent être maîtrisés pour une telle réalisation.

Avant d'attaquer quoi que ce soit, je voulais savoir si la puissance limitée à quelques Watts (entre 7 et 10 selon les montages) fournie par ces amplificateurs serait suffisante pour alimenter mes haut-parleurs. J'ai donc à cette fin rebranché mon ampli de 8W. Pas de problème, le niveau s'avère suffisant pour une écoute en appartement.

A ce propos d'ailleurs, de quoi parle t'on ?
Il est certain qu'un amplificateur disposant d'une faible puissance, 8W dans ce cas, est plutôt adapté à des haut-parleurs à haut-rendement, disons de l'ordre de 98 à 100 dB, voir plus éventuellement.
Sur le Web, on peut lire pas mal d'articles relatifs à la puissance nécessaire à l'obtention d'un niveau d'écoute domestique correct et raisonnable.  Ce niveau d'écoute varie de 80 à 90 dB selon les dires des uns et des autres.
Prenons une enceinte pourvue d'un rendement de 99 dB/W/m.
Comme il faut doubler la puissance pour obtenir un gain de 3 dB, on voit qu'un amplificateur de 8W permettra donc un niveau de 108 dB !
Avec 1 watt le niveau sonore possible sera déjà très confortable. A contrario, la puissance nécessaire pour obtenir les 90 dB sera très faible, la puissance nécessaire chutant de moitié tous les 3 dB (1W= 99 dB, 0,5W=96dB, 0,25W=93 dB, 0,125W= 90dB) soit 125 mW pour obtenir 90dB !
Au passage, on notera la nécessité d'un amplificateur très silencieux pour que le signal ne soit pas noyé dans un souffle ou une ronflette...

Par chance, un ami possédant un amplificateur à tubes triodes 300B est venu à la maison avec son ampli sous le bras. C'est une image, car cet ampli pèse la bagatelle d'une quarantaine de Kilos, la faute à 2 énormes transformateurs de sortie Audio Note ! La puissance disponible est sensiblement du même ordre que l'ampli avec lequel j'ai fait un essai de niveau sonore.
Là aussi, pas de soucis au sujet du niveau sonore, l'ampli rempli bien le local d'écoute mais, comme je l'ai écrit plus haut, avec une esthétique sonore très différente.

J'entreprends donc l'étude et la réalisation d'un tel amplificateur.

14 juillet 2012

La triode 300B

La triode 300B de Western Electric

Le tube triode a été inventé par l'ingénieur américain Lee De Forest en 1906

Le tube triode 300B Western Electric issu du tube 300A créé en 1933 pour le cinéma, est apparu en 1938.
L'historique de ce tube ici.

Référence absolue,
on trouve difficilement cette triode sur le marché.

La triode 300B de Western Electric

Spécifications de la triode 300B de Western Electric

Le principe

Il est fort simple comme on peut le voir sur le schéma ci-dessous.
Une cathode est chauffée par un filament, on parle alors d'effet thermo-ionique. Les électrons émis par la cathode sont attirés par l'anode portée à un potentiel élevé. La grille interposée entre la cathode et l'anode permet de réguler le flot d'électrons circulant entre elles.

Eléments internes d'une triode
Eléments internes d'une triode

A noter que le chauffage cathodique des tubes triode peut être réalisé de 2 façons. Lorsque le filament et la cathode sont physiquement distincts, on parle alors de triode à chauffage indirect. Si ces 2 éléments sont confondus, on parle alors de triode à chauffage direct, ce qui est le cas de la triode 300B.

mode_chauffage_triode

Schéma de base d'un amplificateur

Un tube, un transformateur, une alimentation haute tension de plusieurs centaines de volts.
Il faut cependant polariser le tube, c'est-à-dire pouvoir réguler le flot d'électrons issue de la cathode transitant vers l'anode.
Deux possibilités existent. L'une consistant à porter la grille à un potentiel négatif par rapport à la cathode, l'autre en décalant le potentiel de la cathode par rapport à la masse via une résistance à laquelle on adjoint un condensateur.
Les électrons sont émis par la cathode par l'intermédiaire de filaments qui chauffent la cathode (les filaments ne sont pas représentés sur le schéma ci-dessous pour le simplifier)

les principaux type de polarisation
les principaux type de polarisation

La tension de grille constante est superposée au signal à amplifier. Cette tension est très importante pour fixer le point de fonctionnement optimal du tube utilisant au mieux sa partie linéaire.

Avant d'aller plus loin, on peut facilement imaginer que les éléments clés d'un tel amplificateur et décisifs dans la qualité d'écoute seront le tube 300B et le transformateur de sortie.

Le schéma de l'ampli

Le Web regorge de schémas d'amplis utilisant une triode 300B dans une configuration Single-Ended.

Le schéma Western Electric qui fait appel exclusivement à des tubes Western Electric.
Le tube préamplificateur est un WE310A, celui de l'alimentation est un WE274 A/B. Ces tubes sont quasiment introuvables aujourd'hui. Polarisation automatique et absence de contre-réaction.
A noter le filaments du tube WE310A est en 10 volts.

Le schéma Anzai Zaika se distingue du précédent non seulement par ses tubes d'entrée (pentode 6SJ7) et d'alimentation (5U4G) mais également par la polarisation négative appliquée sur la grille.
Cet amplificateur à fait l'objet d'une description par Jean Hiraga dans la revue l'Audiophile n°9 de mars 1979.
J'ai trouvé le pdf de cet article sur le Web et vous pouvez le consulter ici.
Possédant toute la collection de cette revue, quel n'a pas été mon étonnement de constater que les 18 premières pages de ce numéro manquaient. Elles ne semblent pourtant pas avoir été arrachées. Mystère.

Le schéma de René Cariou qui possède un étage d'entrée de type SRPP réalisé avec la double triode 6SN7.
Curiosité : l'alimentation des filaments s'effectue en courant redressé mais non filtré (du moins sur le schéma)
Polarisation automatique

Le schéma de Patrice Tanguy (Diafan sur le Web) est le plus élaboré que j'ai vu sur le Web. Toutes les alimentations sont redressées, filtrées et stabilisées y compris la haute-tension qui est elle-même temporisée afin que les tubes soient chauds avant qu'elle ne soit appliquée. Circuit de contre-réaction déconnectable. Ce schéma ayant été élaboré sur un cahier des charges très précis se voit pourvu d'une entrée symétrique. Les réalisations de ce grand amateur de tubes sont magnifiques. Vous pouvez les retrouver sur son site.

Le schéma de Doede Douma trouvé sur le Web.
Ce schéma met en œuvre le fameux tube KR 300BXLS qui permet d'atteindre une puissance très élevée au prix d'un courant d'anode de 140 mA !
Je n'ai pas noté l'adresse du site ou j'ai trouvé ce schéma, mais l'article complet est ici : PDF

L'un des schémas mis au point par le constructeur anglais Audio Note.
Ici, 2 tubes 300B sont connectés en parallèle pour augmenter la puissance disponible.

Le site "Time Bandit" de Raymond Koonce regorge de schémas et de réalisations d'amplis à tube
http://www.timebanditaudio.com/timebandit.html
Ce schéma m'intéresse car il utilise la version pro du tube 6SJ7 (connue sous la référence 5693) que je prévois d'utiliser dans la partie pré-amplification.

A l'heure du choix

Une double réflexion doit être menée car il s'agit d'une part de déterminer le schéma qui sera retenu et d'autre part, de choisir et d'approvisionner les composants.

Choix du schéma

Avant d'arrêter un schéma, il y a des options techniques qui nécessitent réflexions.
- Quel type de polarisation (tension négative appliquée sur la grille du 300B ou résistance de cathode ou un mix des deux) ?
- Quel étage et tube d'entrée (triode ou pentode) ?
- Alimentation des filaments en alternatif ou en continu ?
- Régulation de la haute tension ?

Un point quasiment acquis dès maintenant, est la possibilité d'appliquer la haute-tension sur les tubes une fois que les filaments sont chauds. Cette disposition qui peut être manuelle (via un interrupteur sur le circuit haute-tension) soit automatique (via un temporisateur à relais), assure une durée de vie correcte aux tubes. J'ai même lu quelque part que l'inverse serait également souhaitable, c'est-à-dire, couper la haute-tension et attendre que celle-ci soit revenue à zéro avant de couper l'alimentation des filaments.

Choix des composants

Comme je l'ai dit au début de cet article, la qualité des composants est tout à fait primordiale dans ce type d'amplificateurs.

Le tube 300B.
La technologie de ce tube est aléatoire, il suffit de lire les compte-rendu des différents marques pour s'en persuader.
Il existe beaucoup de fournisseurs potentiels et chacun a ses aficionados ! J'ai trouvé :
    - Western Electric, La référence mais rare et quasi introuvable.
    - KR Audio, probablement le meilleur choix à ce jour, 616 € la paire (appariés) chez Ceres Electronique, existe aussi en version musclée XLS mais plus chère à environ 750 €.
    - Electro Harmonix, on les trouve appariés chez Audiophonics à 199 €.
    - Shuguang 300B-98, 200 € la paire, bonne réputation.
    - Emission Labs, 400 € la paire standard, mais il existe une version "boostée" dite XLS à 550 € la paire dont on dit le plus grand bien..
    - Valve Art, 150 € la paire
    - Svetlana,
    - Golden Dragon

Un comparatif de 300B (english) sur enjoythemusic.

Mon choix pour le moment (13/11/2012) : Shuguang 300B-98

Fournisseurs de tubes
Passion audio tubes    audiophonics    Stquentin-radio    dbtubes    kataudio    audiotubetech    audiotriodes    hifiatubes
TubesUSA    jacmusic    audiotubes    thetubestore    New_Sensor
EBay un peu partout dans le monde :    eBay_France    eBay_USA    eBay_De    eBay_UK    eBay_It    eBay_Be    eBay_China

Le transformateur de sortie.
Là aussi il existe plusieurs fabricants. Difficile de choisir, Il semble toutefois que le plus cher soit le mieux si l'on en juge par le résultat du concours organisé par ETF (European Triode Festival) en 2011. C'est un modèle Audio Note qui remporté les suffrages, mais, à 1000 € par transfo... Je vais essayer d'optimiser mon choix...
    - Tamura, parait-il les meilleurs, mais très chers et il faut les acheter au Japon, alors vu le poids...
    - Audio Note, très bons mais très très chers. Le modèle Trans-300 est celui qui a remporté la coupe lors du comparatif ETF, mais à 900 € le transfo, ça refroidit un peu !
    - Hashimoto, excellents transformateurs d'après ce que j'ai lu ici et là et relativement abordables. Le modèle H-20-3.5U me plaît beaucoup.
    - Lundahl, excellente réputation, mais chers. Le modèle LL1623/90 semble bien adapté au 300B.
    - Sowter, excellente réputation là aussi, mais pas facile de s'y retrouver dans leur catalogue et rarement utilisé en transfo de sortie
    - Bartolucci, discours intéressant sur la page d'accueil du site. Ces transfos italiens ont bonne presse sur le Web.
    - Hexacom, accessibles facilement, ces transfos sont régulièrement cités dans les réalisations amateurs.
    - James, transfos de bonne réputation très employé dans les réalisations amateurs. Le modèle 6123H est bien adapté au 300B.
Il y en a certainement d'autres et j'invite mes visiteurs à me faire part de leurs avis.

Mon choix pour le moment : Hashimoto H-203.5U (Dan Bellity / DB System les utilisent sur ses amplis)

Le transformateur d'alimentation
Quelles ont les tensions et courants nécessaires ?
Cela dépend du type d'alimentation envisagé :
- Courant redressé par un tube ou par des redresseurs au silicium pour la haute tension
- Filaments chauffés en alternatif ou en continu, compliqué par le fait que les tubes 300B nécessitent du 5 volts et les autres tubes du 6,3 volts. Compliqué aussi par le fait que l'usage d'un régulateur impose un écart de tension correct entre la tension redressée/filtrée et la tension régulée.
Bilan : au moins 3 tensions : 1 pour la haute tension, 1 pour le 5V et 1 pour le 6,3 volts.

Bilan énergétique (En prenant des valeurs moyennes de consommation et en arrondissant les valeurs)
Haute tension :
450 V / 90 mA = 40 VA
200 V / 5 mA = 1 VA
Basse tension:
5 V / 1,8 A = 9 VA
6,3 V / 0,6 A = 4 VA
Soit 54 VA par canal, donc environ 110 VA pour un ampli stéréo.

23 août 2012

J'ai retenu l'option d'alimenter les filaments des tubes en courant continu car je souhaite aboutir à un amplificateur silencieux. Cette option est discutable car les avis que l'on peut lire sur le Web montrent qu'il y a des partisans du chauffage en alternatif. Dans le cas des tubes à chauffage indirect pourquoi pas, mais avec les tubes à chauffage direct, comme c'est le cas du tube 300B, cela devient délicat car filament et cathode sont confondus et l'idée d'amener de l'alternatif en 50 Hz sur la cathode ne me plaît pas trop. Les tentatives d'équilibrage de ce courant alternatif par potentiomètre, telles que l'on peut en voir sur certains schémas, sont assez délicates et souvent non satisfaisantes.

L'une des difficultés à l'utilisation des redresseurs au silicium est que les diodes créent des commutations à fronts raides avec des pics de courant inverse (diodes classiques). Ces pics génèrent des parasites, tant conduits que rayonnés, qui vont polluer et perturber, par couplages entre les enroulements du transformateur, tous les autres circuits d'alimentation et les circuits environnants. L'utilisation de diodes à recouvrement progressif, ou ultra-rapide, ne créent presque pas de parasites de ce type. Il convient également de soigner le filtrage après redressement.

Dans son livre "Bien entendu, itinéraire d'un audiophile", Francis Ibre aborde le sujet des alimentations en présentant un schéma de stabilisateur de tension très performant qui fait appel à un régulateur TL431 dit "diode Zener ajustable" et à un transistor Darlington TIP142. Je laisse les lecteurs lire l'article concernant ce circuit dans le livre précité ou les discussions que l'on trouve au sujet de ce circuit sur les forums spécialisés notamment sur celui d'Elektor.

J'ai donc potassé le sujet et abouti à cela :

ATTENTION : Ces schémas sont issus d'une étude théorique qui doit être validée par une expérimentation.
                        Ils sont donc appelés à évoluer selon les résultats obtenus.

Alimentation basse-tension stabilisée

Schéma des alimentations basse-tensions pour amplificateur à tubes 300B
Schéma des alimentations basse-tensions pour amplificateur à tubes 300B

A partir de ce schéma, je pourrais réaliser les alimentations nécessaires au chauffage des filaments des tubes 300B et du ou des tubes de pré- amplification en 6,3V. Il suffira alors d'avoir une tension alternative différente au secondaire du transformateur d'alimentation pour chaque cas et de modifier une résistance (Rx). Je prévois d'ailleurs de disposer de deux circuits pour les tubes 300B et d'un seul pour les tubes à chauffage indirect (dans ce cas, le circuit d'alimentation n'est là que pour le chauffage du filament).
Au sujet des résistances de 0,1 Ω - 3W : la première est utilisée pour absorber la surintensité à la mise sous tension, la deuxième est intégrée dans le filtre en PI, pour améliorer le filtrage. Une self serait probablement plus adaptée à cette fonction.
J'ai "éclaté" la résistance R1 (cadre vert sur le schéma) afin de disposer d'un réglage fin des tensions d'alimentations car j'ai souvent lu qu'il pouvait y avoir des pertes dans les câbles et comme il est important d'avoir une tension précise sur les filaments...
La course du potentiomètre permet une variation de 1,14V centrée sur 5,34V (pour le 5V) et de 6,48V (pour le 6,3V), autrement dit le potentiomètre est à mi-course.
La variation s'étend de  4,77V à 5,91V d'une part et de  5,91V à 7,05V d'autre part, ce qui laisse une bonne marge de manœuvre.

Ci-dessous le circuit imprimé que j'ai dessiné.
Le cadre rouge enserrant la mention "Alim basse-tension" délimite le radiateur du transistor Darlington TIP142. Il serait certainement plus simple d'acheter un dissipateur du commerce calibré pour la puissance thermique a dissiper, mais je souhaite faire plus simple et légèrement plus économique en utilisant de la cornière d'aluminium en L de 2 mm d'épaisseur. Comme la figure du circuit imprimé est "vue de dessus", le gros trait rouge représente le coté vertical de la cornièresur lequel sera fixé le Darlington.

Alimentation haute-tension stabilisée

Ce schéma a été élaboré à partir du schéma publié par Diafan cité plus haut. (Il le reprend à l'identique, mais en redessinant le schéma, je le digère !)

Schéma de l'alimentation haute-tension pour amplificateur à tubes 300B
Schéma de l'alimentation haute-tension pour amplificateur à tubes 300B

Je me suis posé la question d'insérer une self entre les condensateurs C1 et C2 pour augmenter l'efficacité du filtrage comme cela était fait dans les amplificateurs de nos pères et grand-pères !
En ce temps-là, on utilisait une self dans le filtrage HT car les valves ne supportaient pas de débiter dans un condensateur de plus de quelques dizaines de microfarads.
A l'heure actuelle, la self est un luxe complètement inutile dans la plupart des cas quand on redresse avec des diodes silicium qui supportent facilement les "gros coups de bélier" du courant pulsé de l'alim HT. On met donc des condensateurs de valeur beaucoup plus élevée.
De plus, le transistor ballast (BU808DFI) supprime radicalement toute ondulation résiduelle sur la HT dans la mesure où le filtrage de sa base est soigné et suffisant.

A noter que le transistor Darlington est ici un BU808DFI car le TIP142 de l'alimentation basse-tension ne supporte pas les tensions élevées nécessaires à l'alimentation des tubes.

Il eut été possible ici de faire également appel à un circuit référence de tension tel que celui utilisé pour les alimentations basse-tension. J'ai décidé d'utiliser des diodes Zener et de suivre par conséquent à la lettre le schéma de Diafan publié plus haut.

Même approche pour la conception du circuit imprimé que précédemment. Les pistes sont d'épaisseur 2 mm pour garantir un éventuel minimum de chute de tension. Les normes de réalisation indiquent qu'une piste de largeur 1 mm autorise le passage de courant dépassant largement 1 ampère. Dans le cas de la haute-tension ce courant sera de l'ordre de 200 mA, pas d'inquiétude donc de ce coté là. J'ai par contre été vigilant au sujet de l'écartement entre les pistes puisque les tensions circulant sur le circuit vont de 340V à 480V. Il faut donc veiller à ne pas trop réduire cet écart sous peine d'apparition d'arcs électriques... (un article intéressant sur la réalisation des circuits imprimés précise ces points).
Les 2 gros condensateurs du filtre en PI de 250 et 500 µF ne sont pas sur la carte car trop gros pour cela. Ils seront reliés via les connections repérées C1, C2 et m pour les masses.

Prochaine étape : la réalisation: insolation, révélation, gravure au perchlorure de fer, perçage et soudage des composants. La routine quoi...

Premier prototype réalisé : (Alimentation basse-tension)

J'ai finalement câblé le (gros) condensateur de 22000 µF en tête de filtre, c'est-à-dire en sortie du pont de diodes.
Je constate que j'ai prévu large et que je dois pouvoir gagner de la surface.

le profil en U de la cornière alu est bien visible ici. Elle est montée sur 2 entretoises pour éviter qu'elle soit en contact direct avec le circuit imprimé d'une part et pour faciliter la circulation de l'air autour.

Vue de dessus. Les diodes de redressement ne chauffent pratiquement pas, Je vais donc pouvoir les resserrer et gagner quelques mm sur la longueur.

Que dire ? Ca fonctionne plutôt bien et la tension est très stable. Testée ici dans sa version 5V (parce-que j'ai le transformateur ad hoc), la tension a varié d'une dizaine de mV sur plusieurs heures. Le courant débité de 1 ampère fait chauffer le radiateur de manière significative, mais comme je ne consommerai que 600 mA sous 6,3V ça devrait aller. Je pourrais toujours installer une deuxième cornière sur la première.
La tension fournie par la zéner réglable TL431 doit être légèrement augmentée de 1,5V pour obtenir les 5V en sortie.
De plus, il y a lieu d'ajuster précisément la résistance située entre les 2 condensateurs de filtrage pour limiter l'écart de tension entre le collecteur (l'entrée) et l'émetteur (la sortie) du Darlington TIP142, car cette tension multipliée par le courant donne la puissance dissipée, ce qui fait qu'il chauffe et 4 à 5 Watts, ça chauffe !
A la lumière de cet exercice, je vais donc conserver ce circuit pour alimenter en 6,3V les filaments des tubes d'entrée 6SJ7.
Je vais par contre utiliser la solution plus simple utilisée par Diafan pour l'alimentation 5V continu des 300B à savoir l'utilisation d'un régulateur LT1085-5.

23 octobre 2012

Temporisation de la haute-tension

Il est souvent admis, mais certains disent que ce n'est pas indispensable, qu'il est souhaitable de fournir la haute-tension aux tubes une fois que ceux-ci sont chauds. Dès que l'amplificateur est mis sous tension, le circuit de chauffage alimente les tubes, puis, au bout de quelques dizaines de secondes, on applique la haute-tension. Pour cela il est donc nécessaire de prévoir un circuit temporisateur. C'est l'objet du circuit ci-dessous.
(Cliquer sur le schéma pour le voir en grand)

J'ai utilisé un vieux circuit intégré que j'ai largement utilisé professionnellement. Il s'agit du célèbre LM741. Un circuit intégré linéaire à qui il est possible de faire réaliser pratiquement toutes les fonctions dont l'électronicien à besoin (amplificateur de signaux continus ou alternatifs, soustracteur, sommateur, intégrateur et j'en passe. Ici, il est utilisé en comparateur. Une tension de référence (obtenue via les résistances de 27K et 47K) est appliquée sur l'entrée inverseuse (2) du CI. Sur l'entrée non-inverseuse (3) un condensateur (C7) est chargé via une résistance (ici de 330k). Dès que la tension aux bornes du condensateur devient supérieur à celle de référence, la sortie du CI bascule à l'état 1. Le transistor qui suit devient alors conducteur et actionne le relais. La constante de temps ou temporisation est obtenue par le produit RC. Ici, j'obtiens environ 35 secondes.
Comme la tension de référence doit être stable, j'ai alimenté ce circuit avec un régulateur (LM2940 CT-12) qui fournit du 12V. Mais même si, comme dans le cas présent, l'utilisation d'un régulateur performant permet un faible écart de tension entre son entrée et sa sortie, l'alimentation direct depuis une tension alternative de 8,5V simplement redressée fourni tout juste du 12V (8,5 V x √2= 12,02V) et les fluctuations du transformateur en fonction de sa charge engendrera une instabilité de la tension de référence. Mais, ça peut fonctionner...
J'ai donc inséré un doubleur de tension de Latour avec des diodes Schottky SB1100. Chargé, ce circuit fourni une tension de l'ordre de 21V au condensateur C3. Bien que la consommation du circuit soit faible (environ 35 mA), la puissance dissipée par le régulateur (Ve-VS x I) le fait chauffer un peu, pas beaucoup car on peut laisser le doigt dessus sans problème, mais quand même... J'ai donc inséré une résistance de 150 Ω à l'entrée du régulateur qui ramène la tension vers 17V et maintient la dissipation du régulateur à une température très raisonnable, à peine tiède. La résistance dissipe 1/4 W, elle est à peine tiède, elle aussi.
Les plus perspicaces auront noté lorsque le circuit n'est pas actif, je veux dire, tant que le relais n'est pas en fonction pendant la durée de la temporisation le courant traversant le régulateur est infime (quelques mA). La chute de tension dans la résistance de 150 Ω est également très faible. Il y a donc une tension élevée à l'entrée du régulateur. Certes, mais comme la consommation est alors très faible, la puissance dissipée est également très faible...

Le PCB présente quelques hérésies ! Le régulateur ne tombe pas en face des trous ! J'ai simplement écarté les pattes du composant en boitier T0220 car j'appréhende les pistes trop serrées. Il en est de même pour le LM741 qui est utilisé ici dans sa version TO99 (un vieux modèle sorti de mes tiroirs).

Je me suis bien amusé entre l'étude et la réalisation de ce circuit de temporisation. J'ai ajouté une Led que je pourrai éventuellement ramener sur une face avant. Le relais est un relais miniature de puissance (JQX-68F). Il peut couper jusqu'à 8A/250V soit 2000 VA ! La coupure du 340V alternatif ne posera donc aucun problème car le courant sera de l'ordre de 250 mA.

13 novembre 2012

La mécanique

Depuis 4 mois environ que je planche sur cet ampli, je commence a avoir les idées un peu plus claires qu'au début de cette aventure ! Enfin, en ce qui concerne les alimentations. Pour l'ampli proprement dit ça sera pour plus tard et au train ou j'avance, certainement pour l'année prochaine, si la fin du monde annoncée pour le 21 décembre n'a pas eu lieu !

La question maintenant est donc : "comment installer tout cela ?". Un bloc intégrant alims et amplis ? Deux blocs mono distincts ? Quatre blocs (2 pour les alims et 2 pour les amplis) ? Il y a des compromis/choix à faire ! J'ai donc décidé de réaliser cet amplificateur en 2 blocs : l'un contenant tout ce qui relatif aux alimentations et un autre pour les amplis, l'idée de base étant de sortir les transformateurs d'alimentations, source de rayonnements, du coffret contenant les circuits d'amplification dans le but d'éviter tout ronflement intempestif.
La solution retenue pour les alims consiste à installer les transformateurs et les circuits d'alimentation dans un rack 19" en 2U. Ca ressemblera à ça :

Implémentation des alimentations d'un ampli 300B SE

Ce dessin est quasiment à l'échelle (1/2) et j'ai considéré qu'un transformateur torique devrait avoisiner les 11 cm de diamètre. Le bloc amplificateur sera posé sur ce rack mais il se pose la question des connexions des alimentations entre ce rack et le châssis qui recevra les circuits d'amplification. Il existe bien de gros connecteurs industriels qui peuvent supporter des tensions de plusieurs centaines de volts sous un courant de plusieurs ampères, voir de dizaines d'ampères. Mais j'ai choisi une solution plus modeste par l'utilisation de connecteurs XLR. Hérésie ? Peut être, mais ces connecteurs de bonne qualité me semblent tout à fait aptes à remplir cette mission.
Chaque ampli aura 2 connecteurs XLR, un de 3 broches dont 2 seront utilisées pour transporter les 420V / 0,1A de la haute-tension et un autre de 4 broches pour les alims basse-tension de 5V / 1,2A et 6,3V/300 mA.
J'ai tout de même une interrogation au sujet de la haute-tension ! Véhiculer 420V même sous un courant faible (100 mA) me gêne un peu. Si je décidais d'installer les circuits d'alim haute-tension dans le coffret de l'amplificateur, le rack 19" envisagé serait peut-être un peu grand. Réflexions en cours...

5 janvier 2013

L'interrogation concernant le transport de la haute-tension via un connecteur me chagrinait un peu. En plus, se posait la question de la réalisation du châssis de la partie amplificateur. C'est bien connu, la mécanique est la partie la plus ennuyeuse pour un électronicien. J'étais parti sur l'idée d'utiliser des façades de rack pour créer les supports dont j'avais besoin. Disponibles en plusieurs largeurs (2U, 3U, ...) ça pouvait faire l'affaire. Ne restait plus qu'à percer et découper ce qui n'est pas choses aisée quand on ne dispose pas d'un atelier digne de ce nom. Puis, je me suis alors rappelé qu'une société allemande réalisait des découpes à la demande dans toutes sortes de métaux. La société Schaeffer met un logiciel de dessin de face avant et de châssis à la disposition de tous. Il permet de choisir le matériau et les dimensions des plaques que l'on veut usiner. Sa prise en main et son utilisation sont assez facile.
J'ai donc commencé par choisir le matériau : de l'aluminium anodisé naturel de 3 mm d'épaisseur (mais il est possible de choisir entre plusieurs couleurs).
En terme de châssis, je me suis orienté vers une solution hybride, à savoir, un châssis par amplificateur et un châssis alimentation disposé au centre entre les deux châssis amplificateurs. Je souhaitais en effet disposer d'une certaine liberté quant aux circuits d'alimentation car plus je planche sur le sujet plus je m'interroge sur le bon schéma à adopter.
J'ai donc dessiné les usinages que je souhaitais et je pense être arrivé à quelque chose qui me satisfait pour les amplis. La partie alimentation est à ce jour encore peu élaborée.

Il n'y a finalement que peu de composants à câbler pour faire un amplificateur, la plus grosse partie d'entre eux se situant au niveau de l'étage de pré-amplification. J'ai arranger la disposition des éléments de manière assez "linéaire" en commençant par le tube 5693 de pré-amplification. Au-dessus, le milli-ampèremètre et le potentiomètre qui permet le réglage du courant cathodique. Ensuite, la 300B et son transfo de sortie. A remarquer, la présence d'ouïes d'aération autour des tubes car il y a certains éléments qui chauffent. Tout en haut, les prises HP et la RCA d'entrée.

Vue de profil,
Des évidements seront réalisés pour permettre les connexions entre l'alimentation et les amplificateurs.

Retour sur les alimentations

Depuis 3 mois je me suis préoccupé essentiellement des circuits d'alimentation avec la petite digression concernant l'élaboration du chassis.
J'ai évidemment lu beaucoup de choses à ce sujet sur divers forums. J'ai également consulté "les anciens", enfin, ceux qui ont une expérience de la chose. J'ai lu et relu avec un grand intérêt les cours de Rinaldo Bassi publiés dans feu la revue Led.
Je me suis aussi intéressé au circuit de régulation élaboré par Jérome Gest également publié dans revue Led et que certains considèrent comme la solution ultime en termes de régulation.
Coté alimentation des filaments, on trouve des partisans dans tous les cas de figure : alimentation en alternatif ou en continu constitué d'un filtrage de type CRC ou CLC, ou faisant appel à un stabilisateur ou de régulateur de tension, ...

L'heure des choix

Fort de cette intense réflexion, à un moment donné, il faut faire des choix.
Comme a dit je ne sais plus qui : Décider, c'est choisir, choisir, c'est renoncer. Et bien sûr ces choix peuvent être contestables...

Coté filaments, ce sera des régulateurs.
En effet, la grande majorité des DIYeurs y ont recours. Des amplificateurs SE 300B réalisés par des constructeurs sérieux fabricant des amplificateurs de grande qualité y ont également recours. Enfin, de grands techniciens (dont je tairais les noms car je risque d'en oublier) estiment qu'il est nécessaire de disposer d'une alimentation des filaments très stable à la valeur nominale requise dans les spécifications des tubes.
J'utiliserai donc le circuit stabilisateur présenté plus haut pour les filaments des 300B (un par tube) et un régulateur standard pour les tubes d'entrée.

La haute-tension
Deux alternatives pour la haute-tension présentées sur les schémas ci-dessous, l'une avec des redresseurs au silicium, l'autre une valve redresseuse, mais dans les deux cas une orientation majeure : le filtrage dit à self en tête.
Dans un filtrage en ∏ classique de type CRC ou dans le cas présent de type CLC on a un condensateur, une résistance ou une self et un deuxième condensateur. Dans un filtrage dit "self en tête", le premier condensateur du ∏ (représenté ici en rouge) est omis.
L'avantage majeure de ce type de filtrage est qu'il est nettement plus indépendant de la charge que le montage classique condensateur en tête qui génère de très importants courants transitoires de surcharge dans les redresseurs et transformateurs dont la puissance peut de ce fait être réduite. Cet aspect du fonctionnement est très intéressant dans le cas de l'utilisation de valve qui supportent mal les surcharges de courant contrairement aux redresseurs au silicium.
Dans les circuits à condensateurs en tête, les redresseurs et le transformateur provoquent de courtes impulsions à chaque demi-alternance dans le but de maintenir la charge du condensateur qui fourni seul tout le courant au circuit durant le reste du cycle pendant que les redresseurs sont bloqués.
Avec un filtrage à self en tête, les redresseurs ne sont jamais à l'état bloqué car ils conduisent alternativement pendant toute la durée de l'alternance. Il n'y a pas de stockage d'énergie mais uniquement un filtrage. Le courant à l'entrée de la self n'est plus pulsé puisque la totalité de l'ondulation en double alternance (100 Hz) est disponible en sortie du redresseur.
Sur les schémas ci-dessous, j'ai fait apparaître ce condensateur (en rouge) pour matérialiser son omission !!!
Toutefois, le fait d'insérer un condensateur de très faible valeur, de l'ordre de quelques µF permet de "jouer" sur la tension de sortie en l'augmentant de 5 à 10% selon la valeur de ce condensateur sans dégrader le principe du filtrage self en tête.
Mais, bien sûr, il y a quelques inconvénients.
La self doit être de taille de poids et de prix conséquent car le volume de fer nécessaire au circuit magnétique doit être important sous peine de voir une chute d'inductance liée au passage du courant. Une self de bonne qualité voit sa valeur chuter de moitié pour une augmentation de courant de l'ordre de 30%. Heureusement, pour un étage d'amplification fonctionnant en classe A qui consomme un courant quasi constant, il y aura moyen d'optimiser cet aspect des choses.
D'autre part, la résistance ohmique doit être la plus basse possible pour limiter autant que possible la chute de tension du au passage du courant (U=RI ! ) ce qui signifie que le fil utilisé pour la réalisation de la self doit avoir un diamètre significatif. Encore du cuivre !
Enfin, il est nécessaire de disposer d'une tension au secondaire du transformateur d'alimentation plus élevée car contrairement au filtrage avec condensateur en tête, le filtrage avec self en tête est égale à 0,9 Veff ou 0,9/√2 (tension de crête). Les 420V nécessaires à l'alimentation de l'amplificateur demanderont une tension secondaire du transformateur d'alimentation de l'ordre de 480 V !
Enfin, il faut qu'un courant minimum traverse la self pour qu'elle puisse jouer son rôle. C'est ce que l'on appel "l'inductance critique". A cette fin il peut être introduit une résistance dénommée "Bleeder" qui sera connectée en parallèle à la sortie du filtrage à cette fin.

Ci-dessus, deux variantes de l'alimentation, l'une avec un classique pont de diodes (rapides, donc à temps de recouvrement faible), l'autre avec une valve redresseuse.

Cette dernière, souvent préférée par les afficionados des amplis à tubes est un peu plus compliquée que la première car elle nécessite un transformateur à point milieu et un circuit d'alimentation du filament.
J'envisage de réaliser deux circuits de ce type, l'un pour alimenter les étages d'entrée et l'autre pour les 300B.

Quelle structure donner à cette alimentation ?

Cette première structure, tout à fait classique, est celle qu'on peut rencontrer dans les amplis mono (un circuit d'alimentation par canal). Inconvénient : il faut soigner la deuxième cellule de filtrage de manière à ce que les appels de courant du tube de puissance ne fassent pas varier la tension d'alimentation du tube d'entrée.

Cette autre structure est celle retenue par Audionote sur l'un de ses amplificateurs. Elle a l'avantage de séparer les courants forts, demandés par les tubes de puissance et les courants faibles requis par les tubes d'entrée. L'inconvénient, si le découplage n'est pas soigné, est de constater une augmentation de la diaphonie puisque les deux voies sont alimentées par un circuit commun.

En fait, ce sera une configuration intermédiaire, certes un peu luxueuse, mais très efficace.

20 janvier 2013

Ces 6 derniers mois, j'ai beaucoup pris conseil auprès de mes pairs, comprenez, ceux qui savent et/ou ont une expérience en la matière, quand à l'élaboration du schéma de l'amplificateur et des circuits d'alimentation. Mais, l'heure du choix est venue et bien évidemment, il sera critiqué, ce que j'accepte dans la mesure ou ça me fait progresser.

C'est l'une de mes dernières recherches qui m'a donc définitivement fait basculer vers la structure ci-dessous. J'y pensais déjà depuis quelques temps et ce qui est écrit (en anglais) via le lien ci-dessous n'a fait que confirmé ce vers quoi je m'orientais.
http://www.users.globalnet.co.uk/~valveamp/SEPowerAmp.htm
Pour ceux qui ne lisent pas l'anglais, je résume les propos tenus il y a une quinzaine d'années par un amateur venu à l'amplification à tubes single-ended utilisant des 300B.
C'est vers 1995 que cet amateur a commencé à s'intéresser à l'amplification à tubes se bornant à la réalisation de Push-Pull à base de 2A3 ou d'EL84 puis de pré-ampli et autre étage phono.
Un premier SE fut réalisé : un AudioNote Neiro pourvu d'un étage SRPP / 6072A en entrée..
Divers tubes driver furent ensuite essayés : ECC88, ECC82, E182CC, mais c'est l'association de 6SN7 en cascade qui permit l'obtention des meilleurs résultats. Puis, ce fut un 6SL7 monté en anode driver qui a été utilisé. Ce circuit montra vite que le 300B n'était pas suffisamment drivé dans ce cas.
Les travaux de Nobu Shishido et de Susumu Sakuma sur le couplage inter-étage à l'aide de transformateurs produits par les firmes Tango et Tamura donnèrent à l'auteur l'envie d'essayer ce schéma. Selon ses dires, les résultats furent les meilleurs obtenus jusqu'alors.
Les dernières évolutions de cet amplificateur ont portées sur les circuits d'alimentations.

Au cours de mes recherches sur le Web j'ai trouvé récemment (Avril 2013) un amateur suédois (Lennart Jarlevang) présentant un amplificateur SE 300B de structure et conception très proches de la précédente:  LA 300b twin :: LennArt Labs
Cet ampli est détaillé (en anglais) ici : Leonardo - Introduction, mais comme je trouve cet article très bien fait, j'ai effectué la traduction intégrale que vous trouverez ici.

Le schéma et son alimentation

Voici donc le schéma général de l'amplificateur que je convoite depuis un bon moment maintenant.
Le schéma de l'ampli est on ne peut plus simple et on voit bien que dans un amplificateur à tubes, 80% du schéma est constitué par son circuit d'alimentation.

Schéma de l'amplificateur et de l'alimentation haute-tension, mis à jour le 12/02/2013

Le tube d'entrée est une triode à grand gain monté en cathode commune. Ce point est déjà discuté et bien entendu, il y a des pour et des contres !
J'adopte également la polarisation fixe qui a le gros avantage de permettre une tension d'alimentation du tube 300B significativement réduite par rapport à une polarisation automatique qui nécessite d'ajouter environ 70 V à cette tension d'alim puisque présente entre cathode et masse.
L'inconvénient d'une polarisation fixe est qu'en cas de défaillance le tube n'étant plus polarisé correctement, le courant maximum va traverser le tube et le transformateur de sortie qui vont partir en fumée. C'est pour cela que j'ai prévu d'alimenter un relais via le circuit d'alimentation de polarisation. Celui-ci coupera les circuits d'alimentation haute-tension si la tension de polarisation n'est pas présente. Ce relais sera monté en série avec le circuit de temporisation, non représenté ici.

Evolution notoire en ce qui concerne le tube redresseur pour l'alimentation du tube 300B. En effet, si un tube EZ81 est tout à fait apte à fournir le courant requis par le tube 300B, son remplacement par un 5U4G permet, d'après certains, une amélioration très sensible à l'écoute. C'est probablement ce qui fait dire et ce que l'on peut lire sur les forums audio, que le changement des valves redresseuses à un impact sur l'écoute.
Les selfs de filtrage sont maintenant identifiées. J'ai choisi des selfs Hammond de la série 150 (voir schéma)
Reste encore un point un peu flou. Celui de l'amortissement du transfo inter-étage (représenté par une résistance rouge sur le schéma).
La littérature n'est curieusement pas très abondante sur le Web, pourtant il semble normal de considérer qu'un transformateur soit chargé par quelque chose au secondaire dont l'effet se traduira au primaire... A suivre donc !

Schéma des alimentations des filaments et de polarisation, mis à jour le 3/04/2013

Schéma des circuits d'alimentation des filaments et de polarisation
Schéma des circuits d'alimentation des filaments et de polarisation

Les circuits d'alimentations en courant continu des filaments sont ceux préconisés par Francis Ibre dans son livre "Bien entendu" et largement décrit et débattu sur le forum Elektor. Ils s'agit de stabilisateur (et non de régulateur - il n'y a rien à réguler car le courant consommé par les filaments est constant) qui présentent une impédance de sortie très basse.

Le circuit de polarisation des 300B a été optimisé pour permettre un réglage fin des tensions avec des butées réalisées par des résistances de 4,7KΩ et 15kΩ. Le potentiomètre autorise une variation de tension de l'ordre d'une vingtaine de volts, la course au point milieu étant de 71 volts. Les résistances de 150kΩ connectées entre les curseurs des potentiomètres et la tension (négative) de 100V est une astuce qui permet de sécuriser toute défaillance des potentiomètres. En effet, si le curseur n'était plus en contact avec la piste, la tension tendrait vers 0V entrainant un courant maximum dans le tube 300B et par conséquent sa destruction ainsi que celle du transformateur de sortie ! Dans ce cas, la résistance de 150kΩ porte alors la grille à -100V bloquant alors le tube.

Le châssis

Enième évolution de mes cogitations concernant le châssis !
Etant donné l'utilisation de self de filtrage qui vont rayonner, je souhaitais les blinder. La première idée était de trouver des capots en tôles car il ne faut pas compter sur de l'aluminium dans ce cas pour éliminer ou tout au moins réduire le rayonnement electro-magnétique.
J'ai retrouvé un coffret ESM que j'avais acheté il y a quelques années et que je n'avais pas utilisé. Restait à voir si ce coffret au standard rack en 2U pouvait accueillir l'ensemble des circuits d'alimentation. J'ai donc fait une simulation :

En haut et en jaune les transfos toriques, 2 pour la haute-tension et 1, au centre, pour les circuits basse-tension d'alimentation des filaments. Ce transfo comprendra un enroulement pour la tension de polarisation fixe.
Les éléments en pointillés représentent tout ce qui se trouvera sous le capot donc à l'intérieur du coffret. En rouge, les transformateurs inter-étages.
La partie grisée est la plaque d'aluminium que je ferai réaliser par la société Schaeffer dont j'ai déjà parlé.
Cette plaque sera supportée par par des montants en bois dont on voit celui qui sera en façade et qui recevra les deux milli-ampèremètres et probablement l'interrupteur général de l'alimentation.

Pour avoir une idée de ce que cela peut donner, j'ai découpé des ronds blancs représentant les transfos d'alimentation. Les tubes ne sont pas les vrais tubes, mais comme une 300B est sensiblement de la même taille qu'un 5U4G ça donne une idée. Les 2 petites tubes entre les 300B sont des vieux tubes dont la dimension reflètent bien la taille des EZ81. Des trous seront percés sur la façade grise pour permettre le passage des câbles d'alimentations vers les amplis.

25 février 2013

Cette fois-ci, c'est parti !
J'ai reçu les valves redresseuses 5U4G et j'ai commencé à jouer de la perceuse et de la lime.

Vue de face du châssis alimentation. Les tubes sur leurs supports.

Vue arrière. La prise secteur et les porte-fusibles de protection des 3 transfos.

Sous le capot les quatre selfs de filtrage Hammond. L'ensemble commence à présenter un certain poids.

La suite, évidemment il y a une suite...
J'ai sorti de la cave ou dormait le premier ampli que j'ai construit il y a plusieurs dizaines d'années pour récupérer le transformateur se sortie, un Audax TU100, car un ami qui en cherchait un, en avait besoin,
Je vais également récupérer le transfo d'alimentation qui va me permettre d'expérimenter le circuit d'alimentation dit "self en tête" et vérifier ce que j'ai simulé à l'aide du logiciel PSU Designer II.

Simulation du circuit d'alimentation avec valve 5U4G
Simulation du circuit d'alimentation avec valve 5U4G

La valeur de l'ondulation (surlignée en bleu) indique 283 mV (Colonne "Diff") ! C'est beaucoup trop important pour alimenter un étage SE de 300B.

Troublé et inquiet, j'ouvre un fil à ce sujet sur le forum Mélaudia : Simulation d'alimentation .

Plusieurs intervenants fournissent quelques explications très intéressantes.
Tout d'abord, les 283 mV sont une valeur crête-à-crête, donc (286/2)/√2 = 100 mV RMS (en arrondissant).
Mais il est dit également que cette tension va être divisée par la racine carrée du rapport d'impédance du transformateur de sortie, soit :
√2 (3000 Ω / 8 Ω) = 19,36,
d'ou la tension d'ondulation présente aux bornes du HP : 100 mV / 16,36 = 5,16 mV.
L'amplificateur alimentant ainsi une chambre de compression de 110 dB/w/m devrait tout de même produire une très (très) légère ronflette !

Une nouvelle simulation consistant à rajouter une nouvelle cellule de filtrage RC dont je divise la résistance du schéma précédent par 2 (on obtient donc 2 cellules RC avec R=90 Ω et C= 100µF) améliore considérablement les choses.
En effet, la valeur de l'ondulation présente aux bornes du dernier condensateur de filtrage est de : 56 mV crête-à-crête soit 19mV RMS, valeur divisée comme précédemment, cela donne une tension d'ondulation inférieure à 1 mV donc une puissance inférieure au micro Watt appliquée au HP. Ca devrait aller.

25 mars 2013

J'ai commandé et reçu la plaque support de la partie ampli commandée chez schaeffer. Beau travail parfaitement conforme à mon dessin et très soigneusement emballée. Après avoir réalisé un support en bois et prévu la fixation au boitier alimentation, je n'ai pas résisté à monter les éléments de l'ampli dessus pour avoir une idée de ce que ça allait donner.

La plaque Schaeffer vue de dessous
La plaque Schaeffer vue de dessous

Les 7 entretoises noires serviront à fixer le circuit imprimé supportant les tubes et éléments nécessaires aux étages d'entrée. Ce système me permettra d'essayer plusieurs configurations de circuit amplificateurs de tension. Je n'ai pas encore décidé ou et si je mettais un potentiomètre de réglage de polarisation des 300B ou si j'installerai simplement un diviseur de tension à résistances...

SE300B : Vue globale du chassis
Vue globale du chassis

Au premier plan, les milli-ampèremètres. Sur la plaque en aluminium de 3 mm d'épaisseur, les transformateurs de sortie Dissident Audio DA144 réalisé sur mesure par Charly Doria http://montagnaise.free.fr/transformateurs.html. Deux belles bêtes qui pèsent leur poids qui approche les 4 kgs chacun ! A tel point qu'il faudra que je renforce la fixation des deux châssis sous peine de voir le coffret en bois qui soutient la partie ampli se décrocher. Les tubes rouges au premier plan sont les 5693 que j'ai simplement posés sur la plaque pour la photo car je n'ai pas encore réalisé le circuit imprimé qui les accueillera. Derrière, les 300B-98 Shuguang.
A l'arrière plan, sur le châssis alimentation, les 5U4G pour l'alimentation des 300B et entre ces 2 tubes, on aperçoit les 2 EZ81 (masquées par l'une des 300B) pour l'alimentation haute-tension des étages d'entrée.
Reste à commander les 3 transformateurs d'alimentation toriques que je vais faire réaliser sur mesure chez Audiophonics et à réaliser les perçages entre les deux châssis pour relier les circuits d'alimentations aux circuits amplificateurs.
Il faut que je prévois également ou je vais installer l'interrupteur général, les prises (RCA) d'entrée et de sortie (HP). Il serait bien tentant d'installer les prises d'entrée auprès des tubes d'entrée et les bornes HP auprès des transformateurs de sortie comme on le voit souvent sur les amplis à tubes. Mais cette disposition n'est pas très pratique à l'utilisation. Installer ces connecteurs sur la face arrière serait plus rationnel.
Bref, il y a encore du boulot et la mise à feu n'est pas pour tout de suite !

1 mai 2013

En prévision de la réalisation d'un circuit imprimé qui supportera les tubes 5842, j'ai dessiné un schéma partiel afin de bien identifier les composants qui seront présents dessus. Il n'y a finalement pas grand chose. J'ai vu quelques schémas ou le découplage de la cathode par un condensateur de forte valeur, ici 1000µF, était associé à d'autres condensateurs de faibles valeurs. J'ai donc prévu un emplacement sur le PCB à cet effet.
Je fais arriver les connexions du primaire du transfo inter-étage sur le circuit imprimé, ce qui simplifiera le câblage.
J'ai également prévu une ultime cellule de filtrage dont la valeur des composants sera déterminée ultérieurement.

La particularité de ce circuit imprimé est qu'il a fallu que je dessine le montage des tubes à l'envers par rapport aux autres composants puisque les supports des tubes seront montés coté circuit imprimé en non coté composants qui eux auront la tête en bas !
J'ai ajouté des pastilles supplémentaires notamment pour les petits condensateurs de découplage de l'ordre de 100nF. Je pourrais donc installer des condensateurs de différentes tailles au pas de 5,08, 7,62 ou 10,16 mm.

Une vue du circuit réalisé.
Les 6 entretoises permettent de le fixer en dessous du châssis. La hauteur de celles-ci amène les supports au ras du châssis.
Sur la photo ci-dessous on distingue les 2 condensateurs de 1000µF, la tête en bas. Pour le moment je ne dispose pas de tous les composants.

Le circuit imprimé en place sous le châssis.

Le châssis à l'endroit.
Le perçage du châssis et la réalisation du circuit imprimé tombe pile-poil l'un en face de l'autre.

J'ai reçu les transfos inter-étage LL1660 de Lundahl. Je les ai acheté chez Jac Music en Allemagne. J'ai aussi acheté les capots qui vont bien. Un peu cher mais c'est une belle qualité et ces capots assureront un blindage efficace contre les rayonnements de toutes sortes.
Sur la photo centrale ci-dessous, on aperçoit les trous de fixation et l'évidemment carré pour le passage des câbles du transformateur.

       

Ces transfos seront fixés sur le châssis d'alimentation comme mentionné plus haut. Avec un peu de chance je n'aurais pas à percer une fenêtre sur ce châssis car je compte bien faire passer les câbles par les petits trous d'aération existants.

A suivre !